retour

Tout le monde debout

de Franck Dubosc

Jocelyn (Franck Dubosc), dynamique quadra cossu, mythomane invétéré, intarissable hâbleur, se trouve pris à son propre piège suite à un quiproquo. Voulant séduire Julie (Caroline Anglade), il fait la connaissance de Florence (Alexandra Lamy), sa sœur handicapée.

Pour son premier film en tant que réalisateur, Franck Dubosc nous propose une tendre comédie romantique pleine de charme, d'humour et dépourvue de tout cynisme. Interprétant un individu au départ plutôt macho, un tantinet beauf, prétentieux, un peu trop sûr de lui, Franck Dubosc se confronte à diverses situations bien actuelles, le mensonge, le paraître, l’image qu’on a des autres, le handicap, accessoirement celui amené par la fin de vie et la mort. Là où on pourrait s’attendre à un traitement façon comique outrancier avec gags et jeux de mots tirés de l’agenda Vermot, on assiste à un film avec un humour assez fin dans lequel le deuxième degré n’est pas souvent absent. Certes, des dialogues cocasses, des répliques hilarantes, des gags visuels, il y en a, mais ils sont loin de faire la base, et la qualité, du film. Avec à ses côtés Max (Gérard Darmon), une sorte de Jiminy le criquet, le héros de l’histoire cherche tout autant à séduire qu’à trouver un moyen de sortir du piège où l’enferment ses affabulations répétées. Il ment pour s’amuser autant que pour servir son désir de séduire. Pourtant, l’enchainement des mensonges successifs, au lieu de lui offrir une voie de sortie, l’enferrent dans une nasse dans laquelle son personnage de con magnifique sera le seul dupe de son infirmité sentimentale. Dans de rôle de Florence, la rayonnante Alexandra Lamy, lumineuse, pétillante, excelle et nous présente une image étincelante du handicap et de la joie de vivre, et d’aimer, que peut malgré tout chercher, et trouver, une femme bien moins handicapée du cœur que ne l’est son partenaire. Sans aucune condescendance, le handicap est abordé avec une grande finesse et lorsqu’il y a moqueries gratuites, elles visent et atteignent plus le simulateur que les invalides. Là où eux ont su s’adapter, par leur altruisme, leur volonté et leurs efforts, le valide tartuffe paraît inadapté, défavorisé et ne trompe guère son monde. Même la dernière pirouette prévue pour amener à reconnaître la vérité sans qu’il y paraisse ne leurre personne. Pas si facile que d’être un vrai handicapé !

Sans aucune fausse note, avec beaucoup de grâce et de pudeur, Franck Dubosc porte un regard tendre et empli d’émotion sur le handicap.

Michel Tellier

. pages créées et hébergées par AMD Communication