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The Passenger

De Jaume Collet-Serra

Chaque jour depuis dix ans, Michael MacCauley (Liam Neeson), ancien policier reconverti dans l’assurance, prend le métro. Mais aujourd’hui, après s’être fait licencié, il effectue son ultime trajet. Une inconnue, Joanna (Vera Farmiga), l’aborde et lui propose d’identifier, avant le dernier arrêt, un passager caché dans le train. Pour prix de son enquête, cent mille dollars à la clef.

Pour le réalisateur Jaume Collet-Serra ce film est la quatrième collaboration avec Liam Neeson. Pour ce film d’action explosif, l’acteur de soixante ans endosse de nouveau le rôle du héros pris dans l’engrenage d’un complot qui va mettre en jeu sa vie, celles de sa famille et celles de nombreux passagers. Dans la lignée de Speed ou Die Hard, élaboré sur une intrigue relativement simpliste mais au demeurant fort crédible, clin d’œil à L’Inconnu du Nord-Express, le film demande à son héros d’être un combattant du quotidien devant sauver sa famille et auquel le spectateur peut aisément s'identifier. Une succession de scènes répétitives marque le quotidien routinier de Michael, ses gestes familiers, prendre le même train, croiser les même têtes. C’est d’ailleurs ce que signifie le titre anglais The Commuter judicieusement traduit en franglais par The Passenger ! Il connaît les mêmes affres que bon nombre de cols blancs de son âge, trop jeunes pour la retraite et trop coûteux à employer. Il envisage une difficile reconversion afin de subvenir aux besoins de sa famille. Pour nous, l’empathie joue à plein. Et le voilà confronté à un choix moral déterminant. Jusqu’où est-il prêt à aller pour de l’argent sans connaître les conséquences de ses actes ?

Comme dans les autres films de Collet-Serra, l’aspect technique est impeccable. Le réalisateur soigne son rythme en graduant parfaitement les étapes, les rebondissements et les péripéties. Il maintient le suspense tout le long de ce huis-clos. Il rehausse sa description avec quelques sympathiques seconds rôles. Ce n’est qu’aux deux-tiers du film qu’il va entrer véritablement dans les scènes d’action avant un époustouflant usage de cascades audacieuses, d’effets spéciaux haletants. Une des plus mémorables séquences du film, filmée en une seule prise, un combat, impressionne par sa brutalité et la manière d’utiliser les éléments du train, brise-glace, coussins, comme éléments de suspense. Enfin, lors de la chute évidente, les fils de la conspiration se dénouent et un final sous tension amène le traditionnel happy-end.

Dans ce jeu de dupe et de trahisons dissimulant habilement des méchants sans scrupules, la tension dramatique nous tient en haleine tout au long de cette sinistre et énigmatique course contre la montre et contre la mort. Dans ce film, Liam Neeson reste excellent et s’investit physiquement dans les séquences d’action. De plus, il donne à son personnage un côté désabusé mais agissant avec conviction pour défendre ses idées de justice.

Pourtant ce film a du mal à éviter les clichés dans ce thriller prévisible. Si le thème de base était l’identification d’un passager, la révélation finale, si elle est très moralement satisfaisante, est malheureusement peu crédible. Ni essentiel, ni révolutionnaire, ce dernier opus de Jaume Collet-Serra a le mérite d’être divertissant.

Michel Tellier

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